Jeudi 19 février, les 10 élus que compte l’assemblée municipale était réunis pour une avant dernière séance avant les élections municipales de mars prochain. Les débats ont été nourris de tirs tendus envers la majorité.

La campagne électorale s’est-elle introduite dans le déroulé du Conseil municipal ? Ce qui devait être le parachèvement du projet de logements pour les employés saisonniers, la séance s’est soldée par un vote largement contraire au projet de délibération : la fixation des tarifs de location de l’un des projets phares de la mandature, pour un coût de quelque 1,5M€ TTC (un projet cofinancé par la Région et la CdC). Il prévoit la construction de 24 studios de 13m² chacun, érigés depuis 2025 à 700 mètres du port. L’opposition a démonté les conditions générales de vente, telles que rédigées par la mairie et a fait plier la fin du projet de la majorité. Les premiers locataires sont attendus en avril, à l’ouverture de la saison et juste après les élections municipales.
Point par point, Nicolas Ceccaldi a mis en avant une rédaction qui globalement « ne protège pas la commune. » Le chef de file de l’opposition est candidat sur la liste des 15 et 23 mars prochains, menée par Jérôme Bouilly par ailleurs conseiller délégué à l’urbanisme, aux travaux et aux services techniques : un poste offert par la majorité en cours de mandat, à son opposition. Selon Nicolas Ceccaldi, « la patate chaude est pour la mairie, en cas, par exemple de non-paiement des loyers », a démontré lors d’une longue intervention, Nicolas Ceccaldi qui soulève un paradoxe dangereux pour la commune : la non prise en charge par l’employeur, des impayés des loyers.
« 400 €, c’est trop cher »
« Vous avez fait une étude de marché », a interrogé Jérôme Bouilly, à l’affût, durant l’exposé de son colistier. La réponse du maire, qui à ce stade comprend que le projet de délibération ne passera pas s’est appuyée sur un rappel des faits : « Le plan de financement a été approuvé (lors d’un précédent conseil municipal, NDLR) et les remboursements de l’emprunt seront couverts par les loyers », a rappelé le maire. Marion Ramos, membre de l’opposition, par ailleurs elle aussi candidate sur la liste Bouilly de mars, a attaqué la hauteur des loyers proposés : « 400€ par mois c’est trop cher pour des saisonniers. » Le maire Joseph Huot a exposé que ce tarif était le même que celui proposé en camping jusque-là, pour les saisonniers.
Dans ce temps d’échanges tendus, Thomas Collet, le troisième adjoint, pour la majorité, a tenté l’apaisement et la négociation avec l’opposition en rappelant un fait : « Le maire ne se représente pas aux municipales. » Il a proposé la réécriture des conditions générales de vente. Selon le maire, la proximité de l’élection municipale ne permet pas à la mairie d’être dans les temps réglementaires. Et Nicolas Ceccaldi est alors venu mettre un point final à la contestation : « Proposer seulement 1€ pour le paiement de l’électricité, n’est pas possible et pèsera lourd sur les finances de la commune », a-t-il enfoncé. L’élu-candidat a pris pour exemple, les locations sur les ailes de saison, où le chauffage, électrique, sera utilisé par les occupants. Il a demandé la tenue d’un Conseil municipal exceptionnel, où une nouvelle copie pourrait être présentée aux élus. Solution intenable : les délais d’envoi et de réception ne coïncident pas avec la période électorale du mois prochain, selon la majorité.
Le vote final n’a pas trahi la tenue des débats. Seules trois voix se sont portées au soutien de la proposition de tarifs : Joseph Huot, Jean-Jacques Olivier et Nathalie Joyeux. Le projet de délibération de fixation des tarifs, n’a pas été adopté. Le prochain Conseil municipal aura lieu le 5 mars. Il visera notamment, à approuver les comptes financiers uniques et les affectations de résultats de l’année 2025. Ce qui n’a pu se jouer lors de la séance du 19 février : la plateforme des services de l’Etat, n’était pas fonctionnelle, en raison d’un piratage du logiciel de la Direction générale des finances publiques.
Brèves de Conseil municipal…
Licence IV : risque de recours pour favoritisme ?
L’autre sujet qui a retenu l’attention de l’opposition, c’est l’octroi d’une licence IV pour la future Guinguette. Nicolas Ceccaldi, chef de file de l’actuelle opposition et candidat sur la liste de Jérôme Bouilly au scrutin de mars, y voit la possibilité d’un recours par d’autres commerçants. Il a pointé les formalités de passage devant la Direction de l’immobilier de l’Etat, qui pourraient ne pas avoir été respectées.
La mairie, propriétaire d’une licence IV, souhaitait « donner un coup de pouce à ce nouvel établissement qu’est la Guinguette sur le Boulevard d’Antioche ». Le nouvel établissement, avait demandé l’utilisation d’une licence de IIIé catégorie.
La mairie entendait par ce projet de délibération, lui céder, moyennant une redevance de 1050€ par an, en lui limitant l’usage aux boissons relevant de la troisième catégorie.
Le vote des élus n’a pas permis cette possibilité, en raison d’une prise de risque de recours formulés par des commerçants dyonisiens. La mairie va donc lancer un appel à manifestation d’intérêt : une solution qui a cette fois-ci emporté l’unanimité des élus.
Une fin de Conseil municipal tourmentée
La fin de la séance n’a pas non plus été de tout repos, pour le maire et la majorité. En fin de Conseil municipal, une habitante présente dans le public et particulièrement agacée, est venue contester vertement, l’approbation de la révision n°9 du Plan local d’urbanisme, qui prévoyait une adaptation de la loi Le Meur, avec la création d’une servitude de résidence principale, ici dans l’essentiel du centre bourg. Thomas Collet a dû mettre ses talents de conciliateur en action, une nouvelle fois (lire ci-dessus). Par le menu, il est venu expliquer, que la mairie s’est notamment appuyée sur un cabinet privé spécialisé sur les questions de l’urbanisme, pour mener à bien ce dossier. La plaignante, qui contestait tout de la tenue de ce projet, en est venue à apostropher personnellement Joseph Huot, le maire. Elle a fini par quitter les lieux après de longues mises en accusation de sa part. Thomas Collet lui a néanmoins laissé consulter les réponses que lui a apportées la mairie, dans le cadre de l’enquête publique. Pas convaincue, elle a dit vouloir former un recours contre le maire pour vices, après moult mises en accusation. A suivre…
